Nawfal Bakhat

 

Nawfal Bakhat
Architecte


Parlez-nous un peu de votre parcours ?

J’ai eu mon diplôme en 2001 de l’école nationale d’architecture de Rabat. Puis, j’ai commencé à travailler ici à Tanger en collaborant avec des architectes chevronnés. Quand j’ai eu mon autorisation d’exercer en 2003, je me suis mis à mon compte en ouvrant mon propre cabinet. C’était un défi. Depuis, j’ai eu pas mal de projets avec des clients privés. Mais je me suis fait connaitre auprès de l’administration lorsque l’un de mes projets a gagné le prix du premier concours national d’idées pour la ville nouvelle de Ksar Sghir. Ceci m’a ouvert la voie à plusieurs projets publics. Le plus important ici à Tanger, c’est le futur Palais des Arts et Culture.

Pourriez-vous nous en dire d’avantage sur ce projet…

Il s’agit d’un grand équipement culturel et artistique. Le noyau sera un théâtre de 400 places. Il y aura deux autres salles plus petites pour accueillir aussi des spectacles. Il y aura également des espaces d’exposition, de création où on pourra organiser des ateliers de peinture, de danse et de photographie. Ou encore des studios d’enregistrement pour les jeunes musiciens. Le Palais des Arts et Culture se veut d’être un espace de création artistique à Tanger.

Pourquoi avoir ouvert une enseigne Le Souq ici à Tanger ?

Il s’agissait pour moi, un Marocain, d’un retour aux sources. D’ailleurs, j’avais toujours rêvé de faire quelque chose d’original ici dans mon pays. Quand je suis revenu en juin 2015 après huit ans d’absence, j’ai retrouvé la ville de Tanger. Cette ville qu’on visitait moi et mes parents durant la période estivale. J’avais en tête ces souvenirs nostalgique de cette Tanger, une ville au charme inouï, ses plages et ses monuments. Et j’ai été agréablement surpris de voir comment Tanger s’est métamorphosée en une ville au potentiel impressionnant. Une ville en pleine effervescence. Je suis alors dit qu’il fallait offrir aux Tangérois ce concept de restauration unique. Je suis maintenant à la fois content et fier qu’un an après Le Souq a ouvertses portes à Tanger.

Comment voyez-vous l’effervescence que connait la ville de Tanger ?

La ville de Tanger s’inscrit dans une dynamique de développement économique et social impressionnant. Il y a ce projet de Tanger métropole qui a rendu la ville vraiment attractive pour les investissements et les projets. Ce développement économique a entrainé une belle dynamique sociale. Cette effervescence s’accompagne d’une nouvelle organisation urbanistique de Tanger. Ce programme est en train de changer la face de la ville en matière d’infrastructures ou encore en matière d’équipements socioculturels. Ceci aura un effet positif sur la ville d’ici un avenir proche. Il y a actuellement une dizaine, voire une centaine de projets architecturaux partout dans la ville de Tanger. Il suffit d’un simple coup d’oeil pour s’en apercevoir. Il y a ces projets qui se situent dans les endroits plus visibles de Tanger, d’autres dans les quartiers populaires ou encore dans les zones de moyen standing. Il y a des projets qui contribuent à l’embellissement de Tanger, d’autres à la création de nouveaux espaces de vie. Tout ceci est en train de métamorphoser et révolutionner Tanger.

Dans quel esprit réalisez-vous vos projets ?

A part le coté évident celui de la fonctionnalité du projet, il y a le côté esthétique. A ce niveau, en tout cas pour moi, l’enjeu c’est de réussir un compromis entre ce que nous sommes et ce que nous avons l’ambition d’être. Ce que nous sommes, c’est notre identité, notre histoire et notre touche culturelle qui ne doit pas pour autant être encombrante. Ce que nous avons comme ambition, c’est l’avenir, c’est le changement, c’est le rêve. Il faut réussir à combiner entre authenticité et modernité. La difficulté réside dans le fait qu’il faut mélanger ces deux paramètres sans que l’un n’en piétine sur l’autre.

Tanger est-elle aujourd’hui en train de vivre ce qu’a vécu Casablanca à l’époque de l’Art Déco ?

Il y a effectivement un grand foisonnement créatif. Chacun apporte sa contribution avec sa vision et son style. S’il y a une concurrence, elle est positive car chacun contribue à sa manière à l’embellissement de la ville. C’est le côté positif de Tanger métropole, c’est que les projets sont tous conçus par des architectes de la région. Il y a donc ce souci de garder la cachet authentique de la ville tout en donnant la chance aux gens de cette ville de s’exprimer et de montrer ce qu’ils savent faire. Ceci a permis l’émergence de plusieurs jeunes architectes dont les noms se sont fait connaitre et réaliser des projets d’envergure national.