Yacine Lemcharki

 

Yacine Lemcharki
Directeur du Marché de l’Entreprise & de l’International à la Banque Populaire de Tanger-Tétouan


Comment se présente aujourd’hui le climat des affaires à Tanger ?

des affaires à Tanger ? Yacine Lemcharki : Le climat des affaires à Tanger se porte globalement bien. Il convient cependant de nuancer cette appréciation d’ensemble en distinguant les compartiments off-shore et on-shore : le premier est doté de plusieurs locomotives publiques (mise en place d’écosystèmes dans le cadre du Plan d’Accélération Industrielle), semipubliques (par exemple le Groupe TMSA qui assure un service que je qualifierai de « sur-mesure » pour les équipementiers) et privés (l’installation de Peugeot à Kenitra dernièrement qui renforce l’attractivité de la région Nord). Pour le second compartiment, traditionnellement concentré sur trois secteurs historiques – l’immobilier, le BTP et le textile –, nous ne pouvons que nous féliciter de l’attention particulière dont jouit Tanger et sa région. L’immobilier acquéreur confirme sa reprise initiée en 2015, le volet promotion immobilière continue en revanche sa correction pour repartir, à mon avis, très rapidement sur des bases sereines. Le BTP a le vent en poupe, car il jouit de la dynamique de Tanger Métropole qui a vu l’intervention d’opérateurs locaux aux côtés d’autres intervenants de 1er ordre, démontrant ainsi, si besoin était, l’expertise de nos opérateurs.

De manière générale, ici à Tanger, les PME trouvent-elles des difficultés à décrocher des sources de financement ?

La question de l’accès au financement ne se pose pas pour les projets qui font l’objet de business plans clairs et rationnels. La Banque consent même à limiter les garanties aux seules composantes du projet quand c’est possible, et pour les petits projets (moins de 1 million de dirhams), la contre-garantie de la Caisse Centrale de Garantie suffit. Nous parvenons toujours à trouver une solution quand le projet est bien dimensionné. A l’heure actuelle, nous notons surtout une décélération du rythme des investissements, à cause du contexte économique international ; mais avec l’arrivée de PSA et l’extension annoncée par Renault au Maroc, ce rythme devrait s’accélérer l’année prochaine.

Qu’entreprend la Banque Populaire de Tanger-Tétouan afin d’encourager l’investissement ?

Une large gamme de produits et services est déployée pour satisfaire aussi bien les besoins de financement du cycle d’exploitation que ceux en lien avec l’équipement, les opérations à l’international, la gestion optimisée des flux, ainsi que l’accès électronique à l’information bancaire… Vu la spécificité des besoins des opérateurs de la région, nous insistons tout particulièrement sur les prestations suivantes :
• le financement du crédit « relais de TVA» qui permet à l’opérateur, justifiant d’une activité industrielle, de se faire relayer la créance de TVA et alléger ainsi sa trésorerie ;
• le factoring qui permet le financementinstantané des factures et permet de gérer sa trésorerie en toute liberté ;
• le crédit de transmission : la question de la pérennité se pose de plus en plus souvent dans l’entreprise, c’est pour cette raison que nous proposons aujourd’hui des solutions aux repreneurs (qui peuventêtre les salariés eux-mêmes) pour faciliter la transmission de l’entreprise.

Comment voyez-vous l’avenir de Tanger en matière de développement du tissu des PME ?

Les chantiers structurants engagés pour la mise à niveau de la ville – et qui sont déjà à un stade bien avancé – nous permettent d’appréhender l’avenir avec beaucoup de sérénité puisque Tanger devient ainsi une destination économique et touristique de premier ordre. Pour contribuer à cet essor, la Banque Populaire de Tanger-Tétouan soutient activement la création et la croissance des PME en leur procurant des solutions adaptées à chaque étape de leur cycle de développement, et surtout en leur permettant de se positionner à l’international, aussi bien pour celles qui visent le continent européen, que pour celles qui envisagent de croître en Afrique subsaharienne.